Je travaillais depuis à peine un an en bureau d’études, dans une entreprise de gros œuvre près de Montpellier.
Autour de moi, certains avaient plus de vingt ans de métier. Ils en savaient infiniment plus que moi, avaient davantage de responsabilités, enchaînaient les dossiers, les urgences et les heures… Pourtant, leur situation n’avait rien de spectaculaire.
Et ça m’a marqué. En bureau d’études, on reste une fonction support : indispensable pour étudier, chiffrer et répondre aux appels d’offres. Mais on peut devenir meilleur, plus rapide, plus indispensable… sans être reconnu à sa juste valeur.
Je n’avais aucune envie de passer vingt ans enfermé dans un bureau à longueur de journée, en espérant que l’ancienneté finisse par changer ma vie.
Puis j’ai vu passer les factures de plusieurs indépendants. Pour quelques dizaines d’heures de mission, le montant facturé représentait presque un mois de mon salaire.
C’est là que je me suis dit : « Pourquoi pas moi ? »
Je me suis lancé avec à peine deux ans d’expérience. Et j’ai rapidement compris que savoir faire son métier ne suffisait pas. J’ai vu des confrères techniquement bien meilleurs que moi, avec beaucoup plus de bouteille, se planter malgré tout.
De mon côté, j’ai sous-facturé, connu des impayés, accepté de mauvaises conditions. J’ai découvert le piège des beaux parleurs : ceux qui te promettent des dizaines de dossiers, une collaboration incroyable… Et ceux qui trouvent parfaitement normal de ne payer ton étude que s’ils remportent eux-mêmes l’appel d’offres.
À l’inverse, certains clients sur lesquels je n’aurais presque rien parié sont devenus de véritables pépites.
Alors j’ai commencé à construire les choses autrement. Mieux choisir. Mieux cadrer. Mieux facturer. Puis j’ai développé mes propres systèmes pour gagner en rentabilité, en capacité et en efficacité. Certains ont changé ce qu’un dossier pouvait me rapporter. J’y reviens plus bas.
Dix ans en freelance et plus de 7 500 dossiers étudiés plus tard, mon niveau de vie n’a plus rien à voir avec celui que j’avais comme salarié. Mais surtout, j’ai gagné davantage de maîtrise sur mon temps, mon organisation, et plus de liberté pour ma famille et mes enfants.
Je travaille toujours beaucoup. La différence, c’est que je ne passe plus mes journées enfermé dans un bureau en attendant que quelqu’un d’autre décide de la valeur de mon travail.
Pourquoi je transmets tout ça aujourd’hui.
Je reçois plus de demandes que je ne peux en absorber. Je pourrais recruter, grossir et passer mes journées à gérer une structure. Mais ce serait recréer le quotidien dont j’ai voulu sortir.
Je préfère m’entourer de professionnels fiables, autonomes et compétents. J’ai donc tout intérêt à ce que les personnes que j’accompagne deviennent solides dans leur activité.